Savoir or not savoir – that iz MA kouechtieun…

Bon, oui, je sais, c’est un titre pourave, mais j’avais plus que ça dans l’infime restant de stock qu’est mon cerveau en ce lundi soir… (traduction : attention, article en vrac)

Je suis épuisée, mais, genre, la bonne fatigue quoi. La fatigue d’avoir été bosser, d’avoir passé ma journée à faire des trucs qui me plaisent, qui me font me sentir utile à la société à mes collègues ‘fin, juste utile quoi, c’est déjà pas mal. Tu l’auras compris, je kiffe mon nouveau job, c’est trop cool!

Et bizarrement, malgré ses journées chargées, qui passent à une allure folle et qui me laissent autant d’énergie qu’une vieille moule avariée sur son rocher, j’ai recommencé à cogiter grave du ciboulot. C’est hallucinant.
Je te disais dans mon précédent article comme j’avais morflé physiquement lors de notre dernière tentative et que je sentais que j’arrivais au bout de mes limites et à peine avoir écrit ou verbalisé (ou les deux, on s’en fout) que mon gentil petit cerveau de blonde s’est remis à mouliner, genre le hamster tout fou dans sa roue. J’ai pas trop compris – et je ne comprends toujours pas…

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Je pensais avoir atteint ma limite, la ligne où l’on se dit « stop, c’est bon, j’en ai eu ma dose, allez vous faire *** avec vos médocs à sniffer, injecter, gober, avec vos speculum et vos gants chirurgicaux ». Et en fait, je me dis maintenant que je ne suis qu’une poule mouillée (ou qu’une moule pouillée?), qu’une pauvre petite fille trop gâtée, habituée à avoir tout, tout de suite. Que je ne me suis jamais réellement battue pour avoir quelque chose car tout me tombait tout cuit dans la bouche. Petite fille unique chouchoutée par ses proches. L’école, fastoche, réussir sans étudier, c’était ma spécialité. Mon année aux States, payée par Maman et Papa. Premier job trouvé 2 mois après le diplôme. Premier petit copain qui se coupait en 4 pour me faire plaisir mais que je n’ai jamais réellement aimé. Mon mari qui est un peu plus dur à cuire mais avec qui on s’est construit une vie de rêve et que j’aime plus que tout au monde. Alors quand cette fichue PMA est entrée dans ma vie, je me suis dit que j’allais faire comme je faisais tout le temps, attendre que ça vienne mais rien ne s’est passé. J’ai essayé d’être patiente en me disant que ça allait bien finir par arriver mais non, toujours rien après 5 ans d’essais et 3 ans en PMA. Finalement, je crois que j’en étais totalement inconsciente jusqu’à ce que ça soit mon corps qui parle pour moi.

Mais cette fois, je n’ai pas envie de lâcher l’affaire. Je n’ai pas envie de prendre l’autre option juste parce que ça ne fonctionne pas comme je le veux. Attention, je ne suis pas en train de dire que l’adoption est la solution facile quand la PMA ne fonctionne pas, ça se saurait si c’était le cas. Je pense d’ailleurs que ce sont mes différentes recherches à ce sujet qui m’en ont fait prendre conscience. Nous continuons notre chemin sur cette voie car c’est important pour nous, nous récoltons les informations partout où nous le pouvons et nous nous lanceront certainement. Mais je ne suis pas prête à refermer les portes de la PMA tant que je ne me serai pas battue jusqu’au bout cette fois! OK on a 6 MIV derrière le dos, mais on en a autant devant nous. Depuis plusieurs mois, on se dit avec le Pilou qu’on devrait revoir le gynéco en personne pousser les examens plus loin (1 spermo à l’actif de Pilou et pds et écho-endochattales pour moi, rien que ça…) ou pour discuter d’éventuelles alternatives, notamment le don d’ovocytes. Je tiens d’ailleurs de profiter de l’occasion pour remercier une amie chère à mon cœur et qui se reconnaîtra de m’avoir proposé de devenir donneuse pour nous, c’est juste un cadeau formidable, tu es une file en or et je t’adore, même plus que ça…

Je sais ce que tu vas me dire « youhouuu, super! Tu sais ce que tu veux, vas-y à fond alors! » mais ça serait quand même beaucoup trop simple, tu crois pas? Je sais aussi que le débat a été débattu plus d’une fois sur la blogo alors mon but ici n’est pas de remettre le sujet sur le tapis mais juste d’expliquer. Parce que, si tu n’as pas déjà oublié tout ce que je viens de te raconter, je viens de commencer un nouveau travail. Pour l’instant, je suis en intérim, je devrais avoir mon contrat d’ici fin juillet. Tu la vois arriver la coui…? Qui dit intérim dit chaud aux fesses (ça me fait penser à Stromae ça tiens), et qui dit contrat dit un minimum de retenue pour pas que le boss pense que « ça y est, maintenant qu’elle a son contrat, elle va enfiler les arrêts maladie ». Je ne vois pas le tableau totalement noir pour autant. J’ai l’impression que mon boss est quelqu’un d’assez conciliant et qu’il sera compréhensif si je lui explique la situation mais je ne me vois pas faire ça avant fin d’année, voire début d’année prochaine. Une solution intermédiaire serait de prendre congé entre noël et nouvel an et d’essayer de caser une stim, une ponction et un transfert pile dans ces 2 semaines… En tout cas, c’est une option qui mérite réflexion, et qui me permettrait de poser les questions en suspens à notre gynéco, via Carline évidemment (oui, parce qu’entre temps, j’ai obtenu l’adresse mail de Carline et depuis, je lui envoie plein de blagues et de chaînes de mails lol).

On va dire que j’ai encore le temps de peaufiner ma stratégie, que dis-je, mon plan de bataille et que pendant ce temps, je pourrai avancer sur notre dossier adoption. D’ailleurs, à ce sujet, j’ai contacté une connaissance qui a adopté un petit garçon il y a 2-3 ans  pour avoir un peu plus d’infos sur son parcours, et j’ai également contacté l’organisme compétent pour fixer un entretien à la rentrée. Un autre organisme propose des séances d’infos mais la prochaine tombe plutôt mal donc j’essaierai de me renseigner pour obtenir un entretien individuel.

Finalement, voici une image qui résume assez bien cet article :

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Tout est pareil

Et pourtant, il s’en est passé des choses en 2 mois…

Inutile de te préciser que la dernière tentative s’est transformée en lamentable échec à nouveau. Malgré tous les changements et les résultats ô combien étonnants (pour rappel : 16 ovocytes de bonne qualité ponctionnés, 5 fécondés, 4 J5 – OMG! -, 1 replacé et 3 qu’ils ont voulu pousser à J6), tout s’est effondré, pareil qu’avant. Sur le moment, je n’ai pas tilté, mais d’habitude, la biolo nous félicite toujours de la belle qualité de nos cellules, et cette fois-là, rien de rien. Et puis pourquoi vouloir pousser les J5 un jour de plus à part pour confirmer qu’ils allaient tous crever en route?
Bref, il ne nous reste rien, nada, niente. Tout est à recommencer. Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai été un peu abattue. Oui, tu lis bien un peu abattue seulement. Il se fait que je passais la journée avec Miss Z, c’était une vraie journée retrouvailles et confidences suite à sa fausse couche d’octobre dernier, alors finalement, oui, le coup de fil est passé un peu inaperçu.

Suite à ce nouvel échec, j’ai voulu recommencer tout de suite, mon rdv était fixé au 16/02 mais au lieu de mon écho endo-chattale habituelle, c’est mon Pilou qui s’est fait endoscoper l’estomac et qui s’est fait retirer la vésicule biliaire le jour même.

Une fois rétabli et en pleine forme, il m’a tout doucement demandé de refaire une tentative car j’étais encore sans emploi. Lorsque j’ai réellement pris conscience que tout était à refaire, stim, ponction, attente et angoisse d’un éventuel transfert et attente et angoisse d’un résultat à nouveau potentiellement négatif, j’ai dit non. Mon corps, ma tête, je crois que même mon âme s’y est mise pour le coup – on a refusé en bloc. Je me disais même que j’avais atteint ce qu’on appelle communément le deuil de l’enfant naturel. Juste un trop plein de médicaments, d’émotions, j’étais lasse.

Finalement, la PMA a ça de bien, elle m’a permis de pouvoir prendre une décision rapidement et de « sentir » les choses. Je me suis dit que si c’est Pilou qui me le demandait, c’est qu’il en éprouvait le besoin, et il a tellement écouté mes besoins depuis le début que j’étais juste incapable de le lui refuser, je l’aime trop. Par contre, je lui ai quand même dit que physiquement parlant, je ne pourrai probablement plus tenir le coup très longtemps. J’ai l’impression d’être de plus en plus malade à chaque tentative, à tel point que, lors du dernier essai, j’avais dû rester à la maison alors que nous étions attendus chez des amis – ça ne me ressemble absolument pas. Il l’a très bien compris et a spontanément évoqué l’adoption. Ne voulant pas me précipiter dans ce projet, je lui ai proposé de contacter des parents adoptifs dans nos connaissances afin d’avoir leur témoignage, ainsi que de prendre rdv avec l’un des organismes compétent en matière d’adoption ici en Belgique pour réellement pouvoir prendre notre décision en ayant le maximum d’informations à notre disposition. Nous prévoyons ça pour la rentrée, après nos 3 semaines de vacances d’été, histoire d’avoir les idées claires et partir l’esprit serein et ouvert.

Me voilà donc à reprendre la pilule, dans l’optique de la MIV6, mais c’était sans compter mon c*l monstre car j’ai en effet retrouvé un emploi. Je suis ravie, j’ai hâte, je commence lundi prochain. Au revoir MIV6. J’imagine qu’à la suite du rdv « prise d’infos » adoption, nous prendrons notre décision sur la reprise éventuelle de MIV6.

J’ai l’impression que ces 2 mois auront marqué un tournant dans ma vie, c’est la première fois que Pilou était hospitalisé, que j’ai eu peur, que je me rendais compte de façon aussi claire que plus que tout autre chose, c’est lui que je veux dans ma vie, quitte à n’avoir jamais personne d’autre que lui (comprenez pas d’enfants). Il me suffit, même si avoir la possibilité de transmettre la vie, ou même juste rien que nos valeurs et notre amour serait absolument formidable.

Alors oui, la quête de notre enfant continue, car nous le désirons profondément tous les deux, nous emprunterons peut-être simplement une route différente…

Life with chronic illness in a a nutshell. For those days when you are tired of all the cliches... #lisacopen #quote #illness