22.03.2016

J’avais commencé à écrire un article mais je suis tout bonnement incapable de mettre mes idées en ordre… alors je préfère laisser la place à une lettre ouverte issue du site internet du journal Le Soir qui résume tout ce que j’aurai eu envie de dire.

Après la colère et la tristesse, le temps est venu pour moi de te présenter mes excuses. Cela fait 20 ans que je te mens. La chronique de Béatrice Delvaux.

Cher toi,

Ce matin, j’ai hurlé, en traversant notre ville du nord au sud. Je ne pouvais arrêter mes larmes. Je voulais me boucher les oreilles, je n’en pouvais plus d’entendre les sirènes.

Mais après la colère et la tristesse, le temps est venu pour moi de te présenter mes excuses. De te demander pardon.

Cela fait 20 ans que je te mens. Je n’ai qu’une excuse : cela fait 20 ans que je crois mon mensonge. Je t’ai vendu ce monde comme celui des possibles, du grand voyage, de ces espaces que tu allais, toi, pouvoir arpenter, de ces peuples que tu allais, toi, rencontrer. Moi qui avais pris l’avion pour la première fois à 15 ans, moi qui avais vu l’Amérique à 22 ans, moi qui avais appris l’anglais en cours de route et le néerlandais quand il fallait.

Moi qui étais certaine que nous t’avions épargné la guerre, en la rangeant dans les livres d’histoire ou dans les anecdotes que ta grand-mère ou ton grand-père te racontait depuis leur village natal. Nous étions tellement certains de les avoir enterrés, les démons qui avaient fait les camps de concentration, les génocides, le napalm, le goulag. Goulag ? Tu as même cru que je parlais d’un plat hongrois. On en a tant ri, tu te souviens ?

Pourquoi aurions-nous eu peur? Nos parents l’avaient faite, eux, la guerre, mais ils avaient aussi, dans la foulée, fait la paix. Elle avait même pris la forme de cette Europe qui devait être le garde-fou en béton de nos folies, de nos dérives. Ce monde que nous t’avons promis, nous y croyions vraiment, pour la bonne raison que nous l’avions vu advenir.

Nous avons vu tomber les murs, les idéologies, les barrières et pas que commerciales. Moi, ta mère, j’ai profité de l’égalité croissante avec les hommes, de ces droits conquis et transcrits en lois. Moi, ton père, je n’ai pas dû faire mon service militaire dont j’ai vécu les derniers spasmes. Car l’heure n’était plus aux armées, mais aux consciences. L’heure n’était plus à envahir le voisin pour le soumettre, mais à y séjourner, à y séduire, à apprendre la langue de l’autre, en tente, en caravane ou en camping-car d’abord, sac à dos façon Routard ensuite et puis sous le couvert de cet Erasmus que tu devrais – devais ? – enfourcher dans quelques mois.

© Sylvain Piraux / Le Soir
© Sylvain Piraux / Le Soir

Nous avions vaincu les haines – « plus jamais ça », c’était plus qu’un slogan, c’était devenu une charte, une convention, des lois, le droit.

Nous avions vaincu les diktats de l’Eglise et de la religion – l’avortement, l’euthanasie avaient gagné petit à petit droit de cité.

Nous avions vaincu les tabous et les morales étroites – tu peux être homosexuel(le), te marier, te pacser, adopter.

Nous avions vaincu les préjugés et les racismes – à quelques pas d’ici réside le Centre pour l’égalité des chances qui protège les hommes/femmes des maléfices d’autres hommes/femmes.

En grandissant, j’ai assisté, incrédule mais extatique, à l’incroyable croisade qui faisait d’un Noir l’égal d’un Blanc, avec des droits égaux. « One man one vote » : on a marché pour les rêves de Martin Luther King, on a boycotté les oranges d’Afrique du Sud. C’était juste magique : un combat débouchait sur une victoire, le monde se déplaçait inexorablement du pire au meilleur. Imagine, on t’offrait sur un plateau, comme la promesse d’éternité de ce nouveau monde que nous avions bâti, Obama et Mandela, présidents ! C’était pas beau ça ? C’était pas grand ? Mais qu’est-ce qui pouvait bien tourner mal ? On l’avait décrochée, la timbale, non ! Obama et l’Europe, Prix Nobel de la Paix. On était les rois du pétrole ! Alleluyah !

Alors, non ! Je ne voulais pas que tu voies ces corps déchiquetés, ces chairs explosées station Maelbeek. Maelbeek, à deux pas de chez toi, Maelbeek, centre de Bruxelles, au nom qui sonne comme une blague, un rendez-vous, un plan drague : «  on se voit à Maelbeek  », «  tu descends à Maelbeek  », «  on s’est embrassé à Maelbeek  » ?

Alors, non ! Je ne voulais pas que tu entendes, hier, les cris de cet enfant terrorisé, dans la fumée de l’explosion, seul fil conducteur dans l’horreur, menant vers la sortie de ce métro éventré, déchiqueté, assassiné.

Alors, non ! Je ne voulais pas que tu penses qu’on pouvait mourir dans ta ville et que ton innocence s’arrête à cette date – 22 mars 2016–, à ces ceintures de la mort, à ces détonateurs tenus dans la main de garçons perdus qui, et c’est là tout le tragique, ont ton âge.

Ta détresse me transperce, ta peur surtout. Mais plus que tout, ton calme, la manière dont tu fais face, la retenue que tu t’imposes me rendent fière et triste. Le fait aussi que tu ne me lances pas à la tête ce « putain de monde » qui est le tien. Tu as cette grâce, mon fils. Tu as cette force, ma fille. D’autant que quand tu m’interroges, même si je n’arrive pas à te le dire, tu le sais : je n’ai pas les solutions.

Nous allons essayer de fixer ce b…, mais cela nous paraît de plus en plus clair : tu ne pourras y échapper, tu vas devoir te battre. Au moment où j’écris ces lignes, je croise simplement les doigts pour que ce ne soit pas au sens premier du terme. Comme avant…

La guerre? Je me refuse à prononcer le mot, je me refuse à dire que c’est notre état aujourd’hui. Je me refuse à tomber dans la haine, je me refuse à désigner les boucs émissaires que les prêcheurs de haine, dans les deux camps, nous proposent et imposent.

C’est tout ce que j’ai à t’offrir aujourd’hui : être à tes côtés et te protéger du bouclier des valeurs auxquelles je crois et que nous devrons tous protéger.

Nous devrons être forts, mon fils. Nous devrons être résistants, ma fille.

Cher toi,

Après la colère, la tristesse, le temps est venu pour moi de te présenter mes excuses. De te demander pardon. Mais de te dire aussi que te sentir là, à mes côtés, me force à redresser la tête.

Et à croire à demain.

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Le radar fonctionne toujours

Lors d’une chouette petite soirée en famille, à la bonne franquette pour l’anniversaire et le départ à la retraite du copain de ma tante, mon radar PB a donné l’alerte.

Il se trouve que ma cousine et son mari tout neuf (le mariage que j’évoquais ici) étaient également présents à cette petite sauterie. Je n’ai que très peu discuté avec elle tant les échanges fusaient de toutes parts, mais lors d’une petite allusion lancée au détour de la conversation, j’ai appris qu’elle n’avait plus de voiture. Elle m’a dit qu’elle avait du la rendre puisque c’était une voiture de société, et qu’elle avait quitté son job. Quand je lui ai demandé si elle avait trouvé un autre poste, elle m’a juste répondu « non, je vais d’abord un peu en profiter » avec le grand sourire de celle qui cache un petit secret – 1er coup de sonnette.

Quelques temps après, je me retrouve dans la cuisine de ma tante, avec mon cousin. On discute de la nouvelle société qu’il vient de créer, me parle de sa perte de poids assez bluffante, ma tante nous rejoins alors qu’il commence à m’expliquer qu’il s’est mis à l’auto-hypnose pour gérer son alimentation et conserver un poids stable. Ma tante nous explique alors avoir recouru à la relaxation étant enceinte et que ça lui avait fait un bien fou, et que d’ailleurs, elle en avait parlé récemment à sa fille, ma cousine donc – 2e coup de sonnette.

Toujours en discussion avec mon cousin mais dans le salon avec tout le monde cette fois, il dit qu’il souhaite organiser une pendaison de crémaillère pour les nouveaux locaux que sa société occupe. Ma cousine lui répond que c’est une super idée et lui demande quand il compte l’organiser. Il lui dit probablement en avril et elle réplique immédiatement qu’avril c’est vraiment très rapide et que les agendas sont déjà bien remplis, pour ensuite glisser un « fais ça en mai, en plus moi, ça m’arrangerait mieux » (j’imagine qu’ils veulent attendre les 3 mois pour l’annonce) – 3e coup de sonnette.

Alors voilà, je suis peut-être devenue parano car quand j’en ai parlé à ma maman et à Pilou, ils étaient plus que septiques face aux arguments que j’avançais, mais le top large qu’elle portait, elle qui est toujours si fière de sa ligne et qui ne se prive pas de porter des hauts cintrés, et les petites verrines apéro amenées spécialement pour elle (car elle ne mange presque aucun aliment « normal ») ont fini de me convaincre.

Je sais pas ce que t’en penses, mais si je me trompe, je crois que ça ne sera que de quelques semaines ou mois!

Mademoiselle_B დ

_ L'écriture c'est le coeur qui éclate en Silence 💎

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