Le 24 août : D-Day + la suite

5h30, le réveil sonne. Je me lève en mode zombie, me félicite d’avoir déjà placé quelques petites culottes, des t-shirts et mes affaires de toilettes dans ma petite valise.

Je rassemble encore quelques affaires, regarde Pilou petit-déjeuner, et c’est le moment de se mettre en route.

Pas trop de trafic, on arrive aux admissions, il est 7h32. Il nous faudra patienter plus d’1h pour régler mon admission, j’entre donc dans ma cosy petite chambre vers 8h50. Nous nous installons, Pilou a prévu de travailler depuis ma chambre en partie puisque, par le truchement du hasard, il doit gérer un projet dans cet hôpital le jour même.

L’infirmière passe prendre mes constantes, la diététicienne passe me (re)briefer sur l’alimentation post-op, et là, j’attends, j’attends, j’attends.

C’est finalement vers 12h que les brancardiers viendront me chercher. Un dernier rapide bisous à mon Pilou d’amour, me voilà partie avec les brancardiers. Le chemin n’a pas été long, 2 étages plus bas, ils me parquent dans la zone d’attente. Et j’attends, j’attends, j’attends, le tout en me caillant les miches sévère. Je crois qu’il a du s’écouler à nouveau une bonne heure avant qu’on ne vienne me chercher.

Cette fois était un peu différente puisque l’assistant anesthésiste arrive avec le lit/brancard sur lequel je me ferai opérer. Il demande de m’y installer, me place la perf, et m’emmène vers un nouveau box pré-op, où je me ferai anesthésier. Une des pires AG dont je me souvienne, à peine le produit injecté dans ma perf que j’entends mes oreilles bourdonner de façon assourdissante, j’ai juste eu le temps d’entendre l’assistant me demander de respirer à fond, et j’étais partie… pas très zen comme AG.

Je me réveillerai ensuite vers 16h et à 16h30, d’autres brancardiers me ramèneront en chambre. Pas très bon souvenir de cette ¨utain de salle de réveil, et de l’après-midi écoulée, il ne m’en restera qu’un très vague souvenir. Mais l’opération s’est très bien déroulée, les médecins passent me voir et m’assurent du bon résultat de celle-ci.

Pilou me laisse vers 21h, et j’essaie de me positionner pour dormir. Autant briser le suspense de suite, j’ai passé une nuit de merde! Pas moyen de me retourner, ça fait trop mal, je suis donc condamnée à dormir sur le dos (chose que je ne fais jamais), avec tout le gaz (qu’ils ont utilisé pour travailler en laparoscopie) qui m’écrase la cage thoracique. Entre impossibilité de faire pipi dans leur merveilleuse panne, lever pour faire pipi dans le WC, l’impression d’avoir le ventre écrasé par un bloc de béton de 50kg en me mettant debout, le pipi vert (rapport au bleu de méthylène utilisé pour repérer d’éventuelles fuites à ma nouvelle tuyauterie interne), les anti-douleur toutes les 6h, le comprimé de morphine entre 2 prises de Dafalg*n qui me fera faire un joli malaise et les infirmières de nuit exécrables, je te laisse imaginer mon état lorsque je me résigne à rester éveillée à 6h30…

J1 Post-op
Je supplie Pilou de venir me tenir compagnie dès le matin, mais le pauvre est surbooké et doit en sus aller faire les courses pour subvenir à mes besoins post-op (très limités soit-dit en passant), il n’arrivera qu’en début d’après-midi. Sa maman et sa tante viendront me rendre visite plus tard encore, ce qui me vaudra une jolie tension à 15/9, du jamais vu pour moi. Le drain est enlevé (il m’en reste d’ailleurs toujours quelques stigmates avec 2 mini bouts de fils qui dépassent encore de ma cicatrice), les plaies sont nettoyées, la perf enlevée et on viendra m’apporter un yaourt nature vers 19-20h. J’ai péniblement mangé 1/4 de ce dernier, et j’étais rassasiée. Nouvelle nuit d’enfer avec un bloc de béton qui s’est un peu allégé, plus que 30kg environ…

J2 Post-op + sortie
Ça y est, je vais enfin pouvoir regagner mes pénates et me vautrer précautionneusement dans mon lit bien moelleux! Je dois avoir évacué la chambre d’hosto pour midi car le service est fermé durant le reste du w-e. On m’apporte le petit-déjeuner vers 7h30 : 2 biscottes, un petit carré de minarine, un petit carré de gelée de cerise, un yaourt, et un thé. Première erreur, je bois une gorgée de mon thé avant de me rendre compte que je ne suis pas censée boire 30 minutes avant ni après le repas. Je laisse donc qq minutes passer et tente de manger une biscotte. Échec, je ne suis parvenue qu’à grignoter 1/4 de la périphérie de cette fichue biscotte. Je me lève ensuite tant bien que mal pour regrouper mes affaires en attendant Pilou, qui arrivera vers 11h15. L’infirmière m’annonce qu’il faut que je reste encore un peu car vu que je n’ai pas mangé le matin, je vais devoir manger le repas du midi afin qu’ils s’assurent que l’absorption de nourriture se passe bien. Vers 11h45, on m’amène donc le fameux plateau repas, et finalement, ça me donne plutôt envie. Une petite quenelle de cabillaud mixé, une crotte de purée et des brocolis mixés itou. Moi qui n’apprécie pas le poisson plus que ça, je me suis surprise à « engloutir » 1/2 quenelle de cabillaud, et la moitié des pdt et des légumes. Ça passe plutôt bien, l’infirmière est contente et me donne mon dossier de sortie. Le chemin du retour a été remuant car chaque soubresaut me faisait ressentir tout mon intérieur, mais quel bonheur d’être enfin chez soi!

Et après?
Tout s’est vraiment bien passé. Je devais avoir un shot de fraxiparine pendant 10 jours vu mon peu d’activité physique, j’aurai clairement pu le faire moi-même, mais ayant reçu une ordonnance pour un infi à domicile, Pilou m’a convaincu de l’utiliser. Les douleurs se sont estompées au fil des jours, j’ai même pu recommencer à dormir sur le côté à J4 post-op, je vous raconte pas le bonheur (qui tient à peu de chose finalement^^). L’alimentation est restée problématique, dans le sens où je n’avais pas faim, que les biscottes, ça va bien 2 minutes, et que manger mixé pendant 2 semaines, ça court sur le haricot très vite. Même avec les morceaux à partir de la 3e semaine post-op, ça reste compliqué, mais ça va déjà mieux.

Et maintenant? 1 mois post-op
Tout va bien. En terme de perte de poids, j’en suis aujourd’hui (pile 1 mois) à -11,2kg (donc 1/3 du poids total à perdre). Je remets déjà des vêtements que j’avais mis de côté pour vendre, finalement, j’ai du refaire le switch et ma pile « à vendre » se compose maintenant essentiellement de mes vêtements « grande taille ».
D’après Pilou, j’ai déjà arrêté de ronfler, et je me sens plus reposée le matin, signe que mes apnées ont du diminuer également.
J’ai repris le travail il y a une semaine et c’est gérable malgré les coups de mou à 12h, 14h et 16h, que j’arrive à palier à coup de classement/scan/ou divagations diverses sur le net.
L’alimentation reste parfois un peu délicate. Ma mauvaise habitude de ne pas prendre de vrai petit déjeuner le matin me colle aux basques, puisque j’arrive difficilement à manger quelque chose, alors en attendant un conseil avisé de mon chirurgien, j’en suis à 1/2 P*m-pote vers 9h30. Le reste de la journée est plus facile à gérer, 1 tranche de pain grillé quand j’étais à la maison, 1 biscotte au travail avec fromage à tartiner, j’ai récemment découvert que la Kn*cki passait plutôt bien aussi, ou 3/4 de soupe (format 33cl encore trop copieux pour moi), puis 1 fruit ou 1 petit gervais (qui passe super bien, merci le format 50g) vers 16h, et le soir, on va dire que je picore dans l’assiette de Pilou, car je mange un bout de son morceau de viande, quelques uns de ses légumes et 1 des ses petites pdt. Ça tombe bien, puisqu’il est au régime aussi, et sur la bonne voie puisqu’il s’est déjà délesté de 8kg !
A partir d’aujourd’hui, plus de restrictions, je recommencer à manger des légumes qui m’étaient interdits- champignons, oignons, famille des choux et des crudités, ainsi que pâtes, riz, quinoa, pain. Je peux aussi essayer de recommencer à boire de l’eau gazeuse (mais là, j’avoue, j’ai triché car le plat, c’est un supplice pour moi, alors la semaine dernière, j’ai déjà recommencé le pétillant en faisant un mélange à base d’eau gazeuse finement pétillante et d’une eau plate aromatisée sans sucre, quel bonheur!).
A propos de la boisson, c’est probablement la seule consigne qui m’est insupportable : ne pas boire 30 minutes avant et après les repas. J’étais très optimiste avant l’opération « de toute façon, je ne bois jamais en mangeant! » mais attendre 30 minutes APRES le repas, c’est franchement hyper compliqué!

Conclusion : même si les premiers jours post-op ont été mouvementés, je suis ravie d’avoir été jusqu’au bout. Je mesure ma chance d’avoir eu droit à cette opération (et à son remboursement aussi, soyons honnêtes) et je suis bien décidée à reprendre un mode de vie normal et sain!

La suite…
J’ai dû arrêter la pilule car son absorption ne se faisait plus correctement. Je l’ai reprise dès J2 post-op, mais mes saignements se sont déclarés dans la foulée. Après 5 jours de prises équivalents à 5 jours de pertes abondantes, je me suis fait une raison et j’ai tout stoppé. On a discuté des options avec Pilou, et on en est vite arrivés à la conclusion qu’on serait juste « prudents » dans les mois à venir.
Je revois le chirurgien le 13 octobre prochain, j’aurai donc tout le loisir de lui poser mes questions de contraception vs. naturel histoire d’avoir un avis éclairé sur la chose.
Pilou m’a avoué hier qu’il pensait que je tomberai enceinte naturellement bientôt, et malgré le fait que je me persuade qu’on aura à nouveau recours à la PMA l’année prochaine, une partie de mes pensées s’échappent pour faire écho à celles de Pilou. J’imagine que l’avenir nous le dira…

Pour celles/ceux qui seraient intéressé(e)s par les détails des suites post-op ou autres, je vous invite à m’envoyer un mail à tinkieginieenpma[a]gmail.com

Vivement la suite de la suite 😉 !!!

Publicités

Le 5 juin : rdv psy

Oui, je sais, sorry, ça date sérieusement maintenant, mais je tiens beaucoup raconter toutes les étapes de cette nouvelle aventure qu’est le by-pass.

Et si tu t’en rappelles encore, le 5 juin était bien un jour férié, mais comme j’ai beaucoup de chance (mouahahaha, elle est bonne celle-là), la psy que j’ai sélectionnée sur la liste qui m’avait été remise par l’hôpital était d’origine turque et s’en fichait donc un peu de la Pentecôte…

Je n’avais pas peur, je ne stressais pas, j’avais bien monté mon petit scénario dans ma tête : le choc de voir mon papa branché à une dizaine de machines pour le maintenir en vie, la lourde décision prise avec maman de le débrancher de ces mêmes machines, et la réflexion de mon Pilou « je ne veux jamais te voir dans cet état là »… les petites larmes qui vont bien avec tout ça, et bingo, c’était dans la poche!

MAIS…
Elle nous a accueilli dans son bureau, Pilou et moi (car elle était néerlandophone, et la consult psy en néerlandais, je le sentais pas du tout), et nous a expliqué comment allait se dérouler la consultation : ma situation personnelle, mon caractère, mes motivations, et quelques mots sur la situation post-op.
Fastoche me dis-je, presque comme un entretien d’embauche finalement.

Ma situation personnelle : en couple avec Pilou depuis 12 ans, mariés depuis 5 ans, pas d’enfant (ah-ah-ah), métier sédentaire.

Mon caractère : là, ça se complique. Si elle avait été une DRH, je sais ce que je lui aurai répondu : dynamique, organisée, faisant preuve de discrétion et oui, avouons-le, un tantinet bavarde-hihi. Sauf qu’elle est psy et que ce genre d’adjectifs fourre-tout ne la dupent pas. Du coup, désemparée, je me tourne vers Pilou et il prend la parole. Tinkie est une personne calme, elle ne stresse vraiment pas facilement. Elle n’exprime pas facilement ses émotions, elle garde beaucoup pour elle (et moi qui pensais le saouler avec mes histoires, je crois que je peux encore plus me lâcher en fait^^) et elle est surtout hyper sensible – merci mon Pilou d’amouuur ❤ SAUF que bis! Elle tique, elle estime que les personnes hyper sensibles et introverties sont « dangereuses » pour elles-mêmes et se font bouffer de l’intérieur par leurs émotions. Elle me demande comment je fais pour relâcher la pression, et là, je sors un truc magistral! Je lui dis que j’adore l’art, et que je me réfugie beaucoup dans la lecture, et la musique et que ça m’apaise beaucoup. J’aurai aussi la merveilleuse idée de mentionner mon micro-kiné d’enfer, et ça finit de la rassurer totalement.

On en arrive à mes motivations. Là, ça y est, je suis prête à tout déballer, accroche-toi à ton fauteuil Mme. La Psy, ça va dépoter! SAUF QUE ter! Avant même que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche (et heureusement, tu vas comprendre pourquoi), elle nous explique que certaines personnes peuvent prendre la décision de se faire opérer sur un coup de tête, suite à un évènement traumatisant qu’elles auraient vécu récemment et que ça pouvait être dangereux de les laisser faire.

strss
Je le savais, je suis une dangereuse psychopathe

MERDE, vite, trouve quelque chose d’autre me souffle mon cerveau, et il faut croire que je suis vraiment déterminée à me faire opérer car en une seconde, j’ai un éclair de génie!
Je m’entends donc lui déballer l’horreur de ma maladie – tu sais Mme. La Psy, c’est vraiment pas cool les OPKs… on a plein de problèmes à cause d’eux… on souffre beaucoup, on perd nos beaux cheveux, on souffre d’angoisse et de dépression, on a un risque augmenté de succomber un jour à un accident cardiaque, ou de développer un cancer des ovaires, on n’arrive pas à faire des bébés mais on prend du poids quand même, beaucoup de poids et on arrive pas à en perdre (ou alors, juste un peu et puis c’est tout), on a des poils qui poussent partout (si si, partout, jte jure), et on a tellement de poils qu’on se trouve moche, et comme on se trouve moche on déprime, et on déprime tellement, qu’on a envie de manger, et comme on mange beaucoup trop de conchoncetés, on grossit, et on n’arrive pas à maigrir, et on déprime, et comme on déprime… Hein, ah oui, tu vois le tableau, oki, c’est cool!
Et c’est à ce moment-là que j’ai entendu le petit « clic » se faire dans son cerveau, et son visage changer, j’ai compris que j’avais gagné (oh oui, bon, je sais que c’était pas une bataille mais bon, on peut quand même s’auto-congratuler de temps à autre non?)

by

 

Bref, on a discutaillé des derniers aspects – soutien pour et après l’opération, laisser le temps au corps de s’acclimater au changement et surtout, possibilité de voir des évènements passés ressurgir alors qu’on pensait en avoir fait le tour. Ça n’arrive pas à tout le monde apparemment, mais elle a déjà eu des cas.

La peur de reprendre du poids une fois que j’aurai atteint mon objectif est également un point qui me préoccupe particulièrement, je sais que je vais sans doute reprendre quelques kilos, je crois que c’est inévitable, mais il va falloir que je m’autorise à ne pas culpabiliser tout en restant vigilante pour ne pas que ces quelques kilos ne se transforment à nouveau en dizaines!

Le dernier rdv avec le chirurgien est prévu le 31 juillet, et l’opération n’est plus qu’à

J-50!!!

waiting

19 mai : rdv chirurgien et verdict

Debout à 7h pour nous préparer et nous mettre en route pour le rdv fixé à 8h45 (c’est la dernière fois que je laisse Pilou choisir l’heure d’un rdv, même si c’est lui qui conduit), c’est les yeux encore tout collés et le cerveau embrumé que j’arrive au secrétariat du Dr. D.

A posteriori, c’est quand même pas si mal un rdv si tôt. J’étais tellement dans le cake que je n’ai pas eu le temps de réfléchir et stresser de savoir si oui ou non, l’équipe de Dr. D avait bien reçu le rapport de mon test du sommeil…

Le suspens aura été finalement assez court (quelle chance vous avez^^) car c’est la diététicienne en personne qui me révèle que je fais bien des apnées du sommeil et que donc, l’opération sera donc bien prise en charge par l’Inami avec, en prime, l’intervention de mon assurance hospitalisation complémentaire (Alléluia, mes 30€ mensuels me serviront finalement à quelque chose)!

Inutile de vous dire que j’étais aux anges, et que je n’ai écouté que d’une oreille ce que la charmante diététicienne me racontait ensuite.

Ensuite c’est l’assistante du Dr. D qui me confirme la nouvelle et qui m’explique brièvement comment se déroulera l’intervention.
Finalement, c’est au tour de Dr. D de reprendre mon dossier. Je fais donc des apnées du sommeil « modérées » mais qui sont suffisantes pour garantir le remboursement, ça en plus de mon rapport apocalyptique de mauvais cholestérol, et de ma prise de metformine, c’est banco.

Il me raccompagne vers son secrétariat, qui me propose une date d’opération : ça sera pour le 24 août prochain!
Encore une consultation psychologique pour valider mon dossier (j’ai les boules d’ailleurs, ça sera en néerlandais et à 105€ la consult… heureusement que l’opération est remboursée!) et voilà #yapuka…

Il ne reste donc plus que 86 jours avant le début d’une nouvelle aventure!

Beaucoup de « by-passés » considèrent cette opération comme le début d’une nouvelle vie, pour moi, elle représente plutôt un nouvel élan. Je serai toujours moi « intérieurement », même si je compte bien me sortir les doigts du luc un peu et me mettre sérieusement à une activité physique plus régulière (vive les cours de gym avec belle-maman :-D), il n’y aura donc que « l’extérieur » qui va changer, mais j’ai franchement hâte!

Résultat de recherche d'images pour "new lif"

On a testé mon sommeil

Je dors en général plutôt bien, et plutôt beaucoup, au grand dam de Pilou.

Du coup, je n’étais absolument pas stressée d’aller passer une nuit à l’hôpital pour tester mon sommeil, test qui permet de déterminer si je fais des apnées du sommeil (condition, si elle est remplie, qui ferait en sorte que l’opération-by-pass soit remboursée par ma mutuelle).

Arrivée comme une fleur à 18h30, tout s’enchaîne rapidement. J’arrive au bureau des infirmières, l’une d’entre elle m’amène dans ma chambre, le plateau repas est posé sur la table : « café ou soupe? » « soupe, merci ». Après les 2 tartines et la soupe avalées, j’ai instruction de me mettre en pyjama pour démarrer « l’installation ».

L’infirmière commence par poser un boitier à hauteur de mon estomac, qu’elle fixe à l’aide de 2 sangles velcro. 2 sangles supplémentaires, élastiques, viennent s’ajouter par dessus et par dessous le boitier. Ensuite viennent les électrodes. Au total, ce ne sont pas loin de 20 électrodes qui seront posées à divers endroits: 4 sur le visage (1 sur le front, 1 sur le menton, et 1 de chaque côté des yeux), 2 sur le thorax, 2 sur les jambes, 1 sur l’index,  et 10 sur le crâne (5 de chaque côté, allant du début du front jusqu’à derrière l’oreille) (oui ça ne fait que 19 mais dans les 20, je compte le capteur nasal, le masque qui s’insère dans les narines). Le tout joyeusement fixé grâce à une pâte grisâtre et une quantité non négligeable de sparadrap anti-allergique (sauf pour le capteur nasal, heureusement). Une fois toutes les électrodes reliées au boitier, c’est le boitier qu’il faut relier à la prise murale (une sorte de prise HDMI), et c’est parti pour la prise de mesures de référence : mouvements des yeux, de la bouche, du thorax, et des jambes.
Une fois que tout est ok sur le PC, elle débranche la prise murale, mais laisse en place tout le reste et je suis « libre » de mes mouvements jusqu’à 20h30. A 20h30, elle vient tout rebrancher et place, en plus de tout le reste, un joli filet sur ma tête, afin de maintenir tous les fils en place.
J’ai le droit de regarder la télé ou lire ou… m’occuper jusqu’à 22h00, dernière limite. Heureusement, la série que je regarde se termine à 22h07, j’appelle l’infirmière pour les derniers réglages, et c’est parti pour la nuit.

Lorsque la lumière est éteinte, je n’en mène pas large. Autres volumes, autres bruits, autres lumières, autres… autres tout en fait, j’ai envie de me retourner mais je limite mes mouvements. Me sentant finalement partir rejoindre les bras de Morphée, je suis réveillée une première fois par l’infirmière de nuit. L’électrode derrière mon oreille gauche a bougé. Elle viendra la replacer 2 fois, à la 3e, elle décide de l’arracher enlever complètement et de la replacer correctement. Sauf que la pâte a durci entre temps, et qu’elle m’arrache la moitié de mon scalp. Aujourd’hui encore, quand je remets des mèches derrière mes oreilles, je m’attarde à l’endroit où se trouvait cette p^@{¨n d’électrode et ai la très nette impression d’avoir un « trou » dans les cheveux 😦
Il était donc 00h36. Le reste de la nuit sera compliqué, entre la peur de faire bouger à nouveau cette p^@{¨n d’électrode, celle de faire bouger la p^@{¨n d’électrode de droite et mon incapacité à dormir sur le dos, ça nous donne des réveils fréquents, un ré-endormissement compliqué et une nuit carrément pourrie.

L’infirmière m’avait expliqué que le matin, elles commençaient leur ronde de réveil à 06h30. A 06h27, une irrépressible envie de pipi se fait sentir, et à 06h33, n’en pouvant plus, je sonne. Elle vient me libérer-délivrer (je t’en prie, c’est gratuit). Elle me demande si j’ai bien dormi, je lui réponds que ça n’était pas la meilleure nuit de ma vie. Elle semble surprise, j’ai dû scier l’équivalent de la Forêt Vierge avec un bout de la Forêt de Soigne en prime, mais elle a l’air satisfaite des mesures prises durant la nuit, c’est le principal. Il me semblait avoir entendu qu’elle passait me faire les premières constatations avant mon départ, mais sa collègue qui vient m’apporter mon plateau petit-déj me dit le contraire, selon elle, je peux petit-déjeuner, me rhabiller et m’en aller.

Résultat de recherche d'images pour "mauvaise nuit"

Vu mon état, je ne me fait pas prier et m’en vais. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que la nuit soit aussi mauvaise, certes, mais surtout, que je n’aurai pas la possibilité de me doucher alors que j’ai de la pâte à coller des électrodes plein les cheveux! Du coup, moi qui pensais me pointer la fleur au fusil au boulot, c’est plutôt la queue entre les jambes que j’ai fait un mail à mon boss et que je suis rentrée pour tenter de récupérer un peu. J’ai dormi 3h d’affilée, ai pris une bonne douche et suis malgré tout allée bosser, non sans mal, l’après-midi.

Résultat des courses, c’est que je n’ai aucun résultat de ce test, aucune idée de si je fais, oui ou non, des apnées et donc aucune certitude de si mon opération sera prise en charge ou non.
Je suis toujours dans le flou, à tel point que j’ai demandé à mon médecin traitant une prescription pour une pds pour le fameux triangle glycémique. Etant sous Actos (dérivé du Glucophage que je ne supportais pas du tout), mes valeurs glycémiques étaient tout à fait dans la norme lors de ma dernière pds. Mais je sais qu’elles sont catastrophiques sans ce médoc. Du coup, j’ai appelé la coordinatrice du chirurgien qui m’a conseillé d’attendre le prochain rdv et d’en discuter directement avec le chirurgien. Affaire à suivre donc…

Je ne suis pas mécontente que cette mésaventure soit derrière moi, mais maintenant, le stress reprend ses droits.
Quand je lis les témoignages des « by-passés », qui parlent d’une renaissance, d’une nouvelle vie, je n’ai qu’une hâte, que ça soit enfin mon tour!

Prochain épisode : rdv chez le chirurgien le 19 mai prochain…