Le 5 juin : rdv psy

Oui, je sais, sorry, ça date sérieusement maintenant, mais je tiens beaucoup raconter toutes les étapes de cette nouvelle aventure qu’est le by-pass.

Et si tu t’en rappelles encore, le 5 juin était bien un jour férié, mais comme j’ai beaucoup de chance (mouahahaha, elle est bonne celle-là), la psy que j’ai sélectionnée sur la liste qui m’avait été remise par l’hôpital était d’origine turque et s’en fichait donc un peu de la Pentecôte…

Je n’avais pas peur, je ne stressais pas, j’avais bien monté mon petit scénario dans ma tête : le choc de voir mon papa branché à une dizaine de machines pour le maintenir en vie, la lourde décision prise avec maman de le débrancher de ces mêmes machines, et la réflexion de mon Pilou « je ne veux jamais te voir dans cet état là »… les petites larmes qui vont bien avec tout ça, et bingo, c’était dans la poche!

MAIS…
Elle nous a accueilli dans son bureau, Pilou et moi (car elle était néerlandophone, et la consult psy en néerlandais, je le sentais pas du tout), et nous a expliqué comment allait se dérouler la consultation : ma situation personnelle, mon caractère, mes motivations, et quelques mots sur la situation post-op.
Fastoche me dis-je, presque comme un entretien d’embauche finalement.

Ma situation personnelle : en couple avec Pilou depuis 12 ans, mariés depuis 5 ans, pas d’enfant (ah-ah-ah), métier sédentaire.

Mon caractère : là, ça se complique. Si elle avait été une DRH, je sais ce que je lui aurai répondu : dynamique, organisée, faisant preuve de discrétion et oui, avouons-le, un tantinet bavarde-hihi. Sauf qu’elle est psy et que ce genre d’adjectifs fourre-tout ne la dupent pas. Du coup, désemparée, je me tourne vers Pilou et il prend la parole. Tinkie est une personne calme, elle ne stresse vraiment pas facilement. Elle n’exprime pas facilement ses émotions, elle garde beaucoup pour elle (et moi qui pensais le saouler avec mes histoires, je crois que je peux encore plus me lâcher en fait^^) et elle est surtout hyper sensible – merci mon Pilou d’amouuur ❤ SAUF que bis! Elle tique, elle estime que les personnes hyper sensibles et introverties sont « dangereuses » pour elles-mêmes et se font bouffer de l’intérieur par leurs émotions. Elle me demande comment je fais pour relâcher la pression, et là, je sors un truc magistral! Je lui dis que j’adore l’art, et que je me réfugie beaucoup dans la lecture, et la musique et que ça m’apaise beaucoup. J’aurai aussi la merveilleuse idée de mentionner mon micro-kiné d’enfer, et ça finit de la rassurer totalement.

On en arrive à mes motivations. Là, ça y est, je suis prête à tout déballer, accroche-toi à ton fauteuil Mme. La Psy, ça va dépoter! SAUF QUE ter! Avant même que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche (et heureusement, tu vas comprendre pourquoi), elle nous explique que certaines personnes peuvent prendre la décision de se faire opérer sur un coup de tête, suite à un évènement traumatisant qu’elles auraient vécu récemment et que ça pouvait être dangereux de les laisser faire.

strss
Je le savais, je suis une dangereuse psychopathe

MERDE, vite, trouve quelque chose d’autre me souffle mon cerveau, et il faut croire que je suis vraiment déterminée à me faire opérer car en une seconde, j’ai un éclair de génie!
Je m’entends donc lui déballer l’horreur de ma maladie – tu sais Mme. La Psy, c’est vraiment pas cool les OPKs… on a plein de problèmes à cause d’eux… on souffre beaucoup, on perd nos beaux cheveux, on souffre d’angoisse et de dépression, on a un risque augmenté de succomber un jour à un accident cardiaque, ou de développer un cancer des ovaires, on n’arrive pas à faire des bébés mais on prend du poids quand même, beaucoup de poids et on arrive pas à en perdre (ou alors, juste un peu et puis c’est tout), on a des poils qui poussent partout (si si, partout, jte jure), et on a tellement de poils qu’on se trouve moche, et comme on se trouve moche on déprime, et on déprime tellement, qu’on a envie de manger, et comme on mange beaucoup trop de conchoncetés, on grossit, et on n’arrive pas à maigrir, et on déprime, et comme on déprime… Hein, ah oui, tu vois le tableau, oki, c’est cool!
Et c’est à ce moment-là que j’ai entendu le petit « clic » se faire dans son cerveau, et son visage changer, j’ai compris que j’avais gagné (oh oui, bon, je sais que c’était pas une bataille mais bon, on peut quand même s’auto-congratuler de temps à autre non?)

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Bref, on a discutaillé des derniers aspects – soutien pour et après l’opération, laisser le temps au corps de s’acclimater au changement et surtout, possibilité de voir des évènements passés ressurgir alors qu’on pensait en avoir fait le tour. Ça n’arrive pas à tout le monde apparemment, mais elle a déjà eu des cas.

La peur de reprendre du poids une fois que j’aurai atteint mon objectif est également un point qui me préoccupe particulièrement, je sais que je vais sans doute reprendre quelques kilos, je crois que c’est inévitable, mais il va falloir que je m’autorise à ne pas culpabiliser tout en restant vigilante pour ne pas que ces quelques kilos ne se transforment à nouveau en dizaines!

Le dernier rdv avec le chirurgien est prévu le 31 juillet, et l’opération n’est plus qu’à

J-50!!!

waiting

19 mai : rdv chirurgien et verdict

Debout à 7h pour nous préparer et nous mettre en route pour le rdv fixé à 8h45 (c’est la dernière fois que je laisse Pilou choisir l’heure d’un rdv, même si c’est lui qui conduit), c’est les yeux encore tout collés et le cerveau embrumé que j’arrive au secrétariat du Dr. D.

A posteriori, c’est quand même pas si mal un rdv si tôt. J’étais tellement dans le cake que je n’ai pas eu le temps de réfléchir et stresser de savoir si oui ou non, l’équipe de Dr. D avait bien reçu le rapport de mon test du sommeil…

Le suspens aura été finalement assez court (quelle chance vous avez^^) car c’est la diététicienne en personne qui me révèle que je fais bien des apnées du sommeil et que donc, l’opération sera donc bien prise en charge par l’Inami avec, en prime, l’intervention de mon assurance hospitalisation complémentaire (Alléluia, mes 30€ mensuels me serviront finalement à quelque chose)!

Inutile de vous dire que j’étais aux anges, et que je n’ai écouté que d’une oreille ce que la charmante diététicienne me racontait ensuite.

Ensuite c’est l’assistante du Dr. D qui me confirme la nouvelle et qui m’explique brièvement comment se déroulera l’intervention.
Finalement, c’est au tour de Dr. D de reprendre mon dossier. Je fais donc des apnées du sommeil « modérées » mais qui sont suffisantes pour garantir le remboursement, ça en plus de mon rapport apocalyptique de mauvais cholestérol, et de ma prise de metformine, c’est banco.

Il me raccompagne vers son secrétariat, qui me propose une date d’opération : ça sera pour le 24 août prochain!
Encore une consultation psychologique pour valider mon dossier (j’ai les boules d’ailleurs, ça sera en néerlandais et à 105€ la consult… heureusement que l’opération est remboursée!) et voilà #yapuka…

Il ne reste donc plus que 86 jours avant le début d’une nouvelle aventure!

Beaucoup de « by-passés » considèrent cette opération comme le début d’une nouvelle vie, pour moi, elle représente plutôt un nouvel élan. Je serai toujours moi « intérieurement », même si je compte bien me sortir les doigts du luc un peu et me mettre sérieusement à une activité physique plus régulière (vive les cours de gym avec belle-maman :-D), il n’y aura donc que « l’extérieur » qui va changer, mais j’ai franchement hâte!

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On a testé mon sommeil

Je dors en général plutôt bien, et plutôt beaucoup, au grand dam de Pilou.

Du coup, je n’étais absolument pas stressée d’aller passer une nuit à l’hôpital pour tester mon sommeil, test qui permet de déterminer si je fais des apnées du sommeil (condition, si elle est remplie, qui ferait en sorte que l’opération-by-pass soit remboursée par ma mutuelle).

Arrivée comme une fleur à 18h30, tout s’enchaîne rapidement. J’arrive au bureau des infirmières, l’une d’entre elle m’amène dans ma chambre, le plateau repas est posé sur la table : « café ou soupe? » « soupe, merci ». Après les 2 tartines et la soupe avalées, j’ai instruction de me mettre en pyjama pour démarrer « l’installation ».

L’infirmière commence par poser un boitier à hauteur de mon estomac, qu’elle fixe à l’aide de 2 sangles velcro. 2 sangles supplémentaires, élastiques, viennent s’ajouter par dessus et par dessous le boitier. Ensuite viennent les électrodes. Au total, ce ne sont pas loin de 20 électrodes qui seront posées à divers endroits: 4 sur le visage (1 sur le front, 1 sur le menton, et 1 de chaque côté des yeux), 2 sur le thorax, 2 sur les jambes, 1 sur l’index,  et 10 sur le crâne (5 de chaque côté, allant du début du front jusqu’à derrière l’oreille) (oui ça ne fait que 19 mais dans les 20, je compte le capteur nasal, le masque qui s’insère dans les narines). Le tout joyeusement fixé grâce à une pâte grisâtre et une quantité non négligeable de sparadrap anti-allergique (sauf pour le capteur nasal, heureusement). Une fois toutes les électrodes reliées au boitier, c’est le boitier qu’il faut relier à la prise murale (une sorte de prise HDMI), et c’est parti pour la prise de mesures de référence : mouvements des yeux, de la bouche, du thorax, et des jambes.
Une fois que tout est ok sur le PC, elle débranche la prise murale, mais laisse en place tout le reste et je suis « libre » de mes mouvements jusqu’à 20h30. A 20h30, elle vient tout rebrancher et place, en plus de tout le reste, un joli filet sur ma tête, afin de maintenir tous les fils en place.
J’ai le droit de regarder la télé ou lire ou… m’occuper jusqu’à 22h00, dernière limite. Heureusement, la série que je regarde se termine à 22h07, j’appelle l’infirmière pour les derniers réglages, et c’est parti pour la nuit.

Lorsque la lumière est éteinte, je n’en mène pas large. Autres volumes, autres bruits, autres lumières, autres… autres tout en fait, j’ai envie de me retourner mais je limite mes mouvements. Me sentant finalement partir rejoindre les bras de Morphée, je suis réveillée une première fois par l’infirmière de nuit. L’électrode derrière mon oreille gauche a bougé. Elle viendra la replacer 2 fois, à la 3e, elle décide de l’arracher enlever complètement et de la replacer correctement. Sauf que la pâte a durci entre temps, et qu’elle m’arrache la moitié de mon scalp. Aujourd’hui encore, quand je remets des mèches derrière mes oreilles, je m’attarde à l’endroit où se trouvait cette p^@{¨n d’électrode et ai la très nette impression d’avoir un « trou » dans les cheveux 😦
Il était donc 00h36. Le reste de la nuit sera compliqué, entre la peur de faire bouger à nouveau cette p^@{¨n d’électrode, celle de faire bouger la p^@{¨n d’électrode de droite et mon incapacité à dormir sur le dos, ça nous donne des réveils fréquents, un ré-endormissement compliqué et une nuit carrément pourrie.

L’infirmière m’avait expliqué que le matin, elles commençaient leur ronde de réveil à 06h30. A 06h27, une irrépressible envie de pipi se fait sentir, et à 06h33, n’en pouvant plus, je sonne. Elle vient me libérer-délivrer (je t’en prie, c’est gratuit). Elle me demande si j’ai bien dormi, je lui réponds que ça n’était pas la meilleure nuit de ma vie. Elle semble surprise, j’ai dû scier l’équivalent de la Forêt Vierge avec un bout de la Forêt de Soigne en prime, mais elle a l’air satisfaite des mesures prises durant la nuit, c’est le principal. Il me semblait avoir entendu qu’elle passait me faire les premières constatations avant mon départ, mais sa collègue qui vient m’apporter mon plateau petit-déj me dit le contraire, selon elle, je peux petit-déjeuner, me rhabiller et m’en aller.

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Vu mon état, je ne me fait pas prier et m’en vais. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que la nuit soit aussi mauvaise, certes, mais surtout, que je n’aurai pas la possibilité de me doucher alors que j’ai de la pâte à coller des électrodes plein les cheveux! Du coup, moi qui pensais me pointer la fleur au fusil au boulot, c’est plutôt la queue entre les jambes que j’ai fait un mail à mon boss et que je suis rentrée pour tenter de récupérer un peu. J’ai dormi 3h d’affilée, ai pris une bonne douche et suis malgré tout allée bosser, non sans mal, l’après-midi.

Résultat des courses, c’est que je n’ai aucun résultat de ce test, aucune idée de si je fais, oui ou non, des apnées et donc aucune certitude de si mon opération sera prise en charge ou non.
Je suis toujours dans le flou, à tel point que j’ai demandé à mon médecin traitant une prescription pour une pds pour le fameux triangle glycémique. Etant sous Actos (dérivé du Glucophage que je ne supportais pas du tout), mes valeurs glycémiques étaient tout à fait dans la norme lors de ma dernière pds. Mais je sais qu’elles sont catastrophiques sans ce médoc. Du coup, j’ai appelé la coordinatrice du chirurgien qui m’a conseillé d’attendre le prochain rdv et d’en discuter directement avec le chirurgien. Affaire à suivre donc…

Je ne suis pas mécontente que cette mésaventure soit derrière moi, mais maintenant, le stress reprend ses droits.
Quand je lis les témoignages des « by-passés », qui parlent d’une renaissance, d’une nouvelle vie, je n’ai qu’une hâte, que ça soit enfin mon tour!

Prochain épisode : rdv chez le chirurgien le 19 mai prochain…